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Calculations 2026-10-14 · 6 min

Calcul de la charge électrique d'une installation : guide pas à pas

Déterminez la puissance demandée d'une installation étape par étape, avec les tableaux de foisonnement et un exemple résolu.

Auteur : Équipe GorkyCAD

Qu’est-ce que la charge électrique d’une installation

La charge électrique d’une installation est la puissance que l’ensemble des récepteurs raccordés va réellement demander : éclairage, prises de courant, cuisson, climatisation, pompage ou machines. Ce n’est pas la somme brute de toutes les puissances du logement, mais la valeur prévisible et simultanée que devront supporter le disjoncteur général et la ligne d’alimentation.

Un calcul juste conditionne tout le reste. Il détermine l’intensité qui circulera dans chaque circuit, la section des conducteurs, le calibre du disjoncteur et le dimensionnement des protections différentielles et parafoudre. Un calcul sous-estimé provoque des échauffements et des déclenchements intempestifs ; un calcul surdimensionné renchérit le projet sans nécessité réelle.

Ce guide décrit la méthode employée en pratique professionnelle lorsqu’on documente une installation : rassembler les données, quantifier les récepteurs, appliquer les coefficients de foisonnement, obtenir l’intensité de calcul, puis traduire le résultat en protections et en sections. Le référentiel de base est la CEI 60364, complétée en France par la NF C 15-100.

Les données à réunir avant de commencer

Avant de poser le moindre chiffre, il faut disposer d’un inventaire fiable de l’installation. Sans ces informations, le calcul se transforme en estimation approximative. Réunissez au minimum :

  • La surface et l’usage du local : logement, commerce, bureau ou atelier, car les coefficients d’usage changent.
  • La liste des récepteurs avec leur puissance nominale en watts (W) ou kilowatts (kW), relevée sur la plaque de l’appareil ou dans le projet.
  • Le type d’alimentation prévu : monophasé 230 V ou triphasé 400 V entre phases.
  • Les longueurs approximatives des branches les plus longues, utiles ensuite pour la chute de tension.
  • Le niveau d’électrification souhaité, qui fixe la puissance minimale à souscrire auprès du distributeur.

Ces éléments se rangent dans un tableau organisé par circuit. Il est conseillé de séparer l’éclairage, les prises d’usage général, la cuisine, le lave-linge, le lave-vaisselle et la climatisation : chaque ensemble possède son propre foisonnement et sa propre protection.

Étape 1 : calculer la puissance de chaque récepteur

La première étape consiste à additionner les puissances par circuit. Pour les résistances pures — chauffe-eau, radiateurs électriques, four ou plaque de cuisson — la puissance de plaque est directement la puissance demandée. Pour les récepteurs à moteur ou à électronique de puissance, il faut tenir compte du facteur de puissance.

En courant alternatif, la puissance active (W) et la puissance apparente (VA) ne coïncident pas. Leur relation s’écrit P = S × cos φ, où cos φ est le facteur de puissance. Un récepteur dont le cos φ vaut 0,9 appelle un courant plus élevé qu’un autre de même puissance active mais de cos φ égal à 1,0.

Puissances de référence usuelles

RécepteurPuissance indicativecos φ
Point lumineux LED10–20 W0,9
Prise d’usage général200–500 W1,0
Four électrique2 000–3 000 W1,0
Lave-linge2 000 W0,85
Climatiseur1 500–3 500 W0,9

Notez la puissance de chaque circuit dans une colonne et celle de chaque récepteur en aval. Vous pourrez ensuite répartir les circuits entre les phases en triphasé et équilibrer l’installation.

Étape 2 : appliquer les coefficients de foisonnement

Il est pratiquement impossible que tous les récepteurs fonctionnent en même temps à leur puissance maximale. On n’additionne donc pas la puissance installée telle quelle : on applique à chaque groupe un coefficient de foisonnement. Ce facteur exprime la fraction de puissance admise comme réellement demandée en simultané.

Les valeurs précises dépendent de la réglementation et de l’usage du bâtiment. À titre de référence professionnelle :

Groupe de récepteursFoisonnement indicatif
Éclairage1,0
Prises d’usage général0,5–0,8
Cuisine et four0,7–0,8
Climatisation0,6–0,8
Force motrice d’atelier0,3–0,6

Dans un petit logement, le coefficient global est souvent plus élevé, car il y a moins de circuits et ils coïncident davantage ; dans une industrie comptant de nombreux moteurs, le facteur baisse, puisque tous ne démarrent jamais ensemble. L’essentiel est que le critère retenu soit explicitement consigné dans la note de calcul.

Étape 3 : obtenir la puissance demandée et l’intensité

En combinant les puissances par groupe et leurs coefficients, on obtient la puissance demandée totale par somme des produits partiels. C’est cette valeur qui fixe la puissance à souscrire auprès du gestionnaire de réseau.

L’étape suivante consiste à la convertir en intensité de calcul, car disjoncteurs et câbles se choisissent en ampères. En monophasé :

I = P / (U × cos φ), avec U égal à 230 V. En triphasé équilibré, l’expression se divise par racine de trois : I = P / (√3 × U × cos φ), avec U égal à 400 V entre phases.

Le résultat se compare ensuite à l’intensité admissible des conducteurs selon leur section, leur isolation et leur mode de pose (encastré, sous conduit, à l’air libre). Si l’intensité de calcul dépasse l’intensité admissible, il faut augmenter la section.

Étape 4 : choisir le disjoncteur général et la section

L’intensité obtenue ne sert pas directement à commander le disjoncteur : on choisit le calibre commercial immédiatement supérieur, de façon à respecter I de calcul ≤ I de calibre ≤ I admissible du câble. Ainsi, le dispositif protège la ligne avant qu’elle ne chauffe, sans déclencher lors de l’usage normal.

À cette vérification thermique s’ajoutent deux contrôles complémentaires :

  1. La chute de tension : la baisse de tension entre l’origine et le dernier récepteur ne doit pas dépasser les limites de la norme — habituellement 5 % en force et 3 % en éclairage.
  2. La sélectivité et la coordination : le disjoncteur de tête et ceux des circuits doivent déclencher de façon échelonnée lors d’un défaut.

La section finale est la plus grande de celles exigées par le critère thermique et par celui de la chute de tension, arrondie à la valeur commerciale normalisée supérieure.

Exemple résolu et erreurs fréquentes

Prenons un logement monophasé à 230 V avec un facteur de puissance global de 0,95. Puissance installée : éclairage 600 W, prises d’usage général 3 000 W, cuisine 4 000 W, climatisation 2 500 W. En appliquant des foisonnements de 1,0, 0,6, 0,8 et 0,7 :

Puissance demandée = 600 + 1 800 + 3 200 + 1 750 = 7 350 W.

Intensité de calcul = 7 350 / (230 × 0,95) ≈ 33,6 A. On retiendrait un disjoncteur général de 40 A et une section d’alimentation capable d’admettre ce courant avec de la marge, accompagnée des protections différentielles et parafoudre prévues par la norme.

Les erreurs les plus fréquentes sont : additionner toute la puissance installée sans foisonner, oublier le facteur de puissance des récepteurs inductifs, négliger la chute de tension sur les branches longues et ne réserver aucune marge pour de futures extensions. Documenter chaque étape évite de reprendre le calcul dès qu’un récepteur change.

GorkyCAD Pro permet de mener ces vérifications directement dans le modèle de l’installation : les circuits, les calculs et la documentation PDF/DXF proviennent d’un projet unique, ce qui limite les incohérences entre le dossier et la réalité du chantier.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre puissance installée et puissance demandée ?

La puissance installée est la somme de tous les récepteurs ; la puissance demandée est la part admise comme fonctionnant simultanément après application des coefficients de foisonnement. C’est elle qui dimensionne l’installation.

Pourquoi faut-il tenir compte du facteur de puissance ?

Parce qu’en courant alternatif le courant dépend de la puissance apparente. Avec un cos φ faible, une même puissance active exige plus d’ampères et des câbles de section supérieure.

Le critère thermique suffit-il pour choisir le câble ?

Non. Il faut aussi vérifier la chute de tension et la coordination des protections. La section valable est la plus grande de celles exigées par ces deux critères.

Peut-on calculer la charge sans connaître toutes les longueurs ?

Pour la puissance demandée, les longueurs ne sont pas nécessaires ; pour la chute de tension, en revanche, elles le sont : mieux vaut au moins estimer les branches les plus longues.

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