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Standards 2026-10-14 · 5 min

IEC 60364 et locaux particuliers : salles d'eau, piscines, humidité

Les règles de la CEI 60364 pour les locaux mouillés : volumes des salles d'eau et piscines, protections différentielles et matériel admissible.

Auteur : Équipe GorkyCAD

Pourquoi les locaux mouillés ont des règles à part

Dans une salle d'eau, une buanderie ou autour d'une piscine, les conditions d'exploitation aggravent nettement le risque électrique. L'eau réduit la résistance du corps humain, la peau mouillée conduit bien mieux le courant, et le sol ou les parois conducteurs diminuent la résistance de contact. Un contact accidentel y devient beaucoup plus dangereux qu'ailleurs.

Pour cette raison, la CEI 60364 consacre des parties spécifiques à ces locaux, notamment aux installations des salles d'eau et des piscines. La logique n'est pas de multiplier les interdictions par principe, mais de définir des zones de risque décroissant autour de l'eau, puis d'adapter le matériel et les protections à chaque zone.

Cette approche volumétrique est la clé de tout le chapitre : avant de choisir un appareil ou une prise, on détermine dans quelle zone il se trouve. C'est ce découpage qui fixe les degrés de protection, les tensions admissibles et les protections différentielles exigées.

Les volumes d'une salle d'eau

Dans une salle d'eau équipée d'une baignoire ou d'une douche, on distingue des volumes concentriques autour du point d'eau. La CEI 60364-7-701 définit les volumes 0, 1 et 2 ; les réglementations nationales, comme la NF C 15-100 en France, ajoutent un volume 3 qui couvre la zone restante du local.

VolumeÉtendueExigences principales
0Intérieur de la baignoire ou du receveurTrès basse tension, matériel IPX7
1Au-dessus du volume 0, jusqu'à 2,25 mTrès basse tension pour les usages fixes, IPX4 minimum
260 cm autour du volume 1, jusqu'à 2,25 mIPX4, appareils de classe II, prises limitées
3Au-delà du volume 2, le reste du localProtection différentielle 30 mA obligatoire

Plus on se rapproche de l'eau, plus les exigences se resserrent. Dans le volume 0, seul un matériel très basse tension de sécurité est admis ; dans le volume 2, les prises de courant ne sont tolérées qu'avec des prescriptions précises sur leur position et leur protection.

Autour des piscines et des bassins

Les piscines relèvent d'une logique comparable, décrite par la CEI 60364-7-702. Le volume 0 correspond à l'intérieur du bassin ; le volume 1 s'étend à 2 m autour du bassin et sur 2,50 m de hauteur ; le volume 2 prolonge le volume 1 de 1,50 m. Chaque zone impose un degré de protection et une tension maximale de plus en plus stricts à mesure qu'on approche de l'eau.

Dans les volumes 0 et 1, l'éclairage et les appareils fixes fonctionnent en très basse tension de sécurité, généralement 12 V alternatif. Le matériel immergé doit résister durablement à l'eau et aux produits de traitement. Comme le bassin et ses abords sont conducteurs, une liaison équipotentielle relie toutes les masses métalliques accessibles : échelles, plongeoirs, grilles, canalisations et le circuit de terre lui-même.

La pompe de filtration, le local technique et le chauffage possèdent leurs propres prescriptions, car ils combinent eau, moteurs et présence éventuelle de produits chimiques.

Protections différentielles et très basse tension

Dans ces locaux, deux moyens de protection reviennent constamment. D'abord la protection différentielle à haute sensibilité, dont le seuil de 30 mA est exigé pour l'ensemble des circuits concernés. Elle réagit à un courant de fuite vers la terre bien avant qu'il ne devienne dangereux pour une personne, indépendamment de l'impédance de boucle.

Ensuite la très basse tension de sécurité, parfois appelée TBTS. Elle limite la tension à 12 ou 24 V selon les cas, ce qui réduit tellement le courant possible qu'un contact devient sans danger. C'est la solution retenue pour l'éclairage immergé d'une piscine ou pour certains points lumineux proches d'une douche.

L'emploi conjoint de ces moyens, complété par des appareils de classe II à double isolation dans les zones intermédiaires, couvre l'essentiel des situations d'un logement. Les exigences précises dépendent de la zone considérée et se vérifient appareil par appareil.

Liaisons équipotentielles et degrés de protection

Le degré de protection (IP) indique la résistance d'un appareil à la poussière et à l'eau. Dans les zones proches de l'eau, il faut un matériel capable de résister à l'humidité et aux projections ; les minima montent avec la proximité du bassin, jusqu'à l'immersion pour le volume d'une piscine.

La liaison équipotentielle complète ce dispositif. Elle relie entre elles toutes les masses métalliques d'un local au moyen de conducteurs de protection, sous forme de liaisons principales ou supplémentaires. Dans une salle d'eau, canalisations métalliques et baignoire concourent ainsi à ramener tous les éléments accessibles au même potentiel, ce qui supprime les différences de tension dangereuses entre deux objets touchés simultanément.

Vérifier à la fois le degré IP, la classe de l'appareil et la qualité de la liaison équipotentielle constitue donc le triptyque de contrôle pour ces locaux. Un appareil bien protégé mais mal relié à la terre perdrait une bonne part de son intérêt.

Erreurs fréquentes

Sur le terrain, quelques erreurs reviennent régulièrement dans les locaux mouillés :

  • Ignorer le découpage en volumes et traiter la salle d'eau comme une pièce ordinaire.
  • Omettre la protection différentielle 30 mA sur un seul des circuits desservant le local.
  • Utiliser une prise de courant standard dans une zone où elle n'est pas admise.
  • Négliger la liaison équipotentielle des canalisations métalliques.
  • Choisir un appareil au bon indice IP mais de classe inadaptée à la zone.

Consigner, sur le plan, les limites des volumes et l'affectation de chaque circuit évite ces oublis et facilite le contrôle à la réception.

Documenter les locaux particuliers

Les règles propres aux locaux mouillés sont faciles à perdre de vue quand le projet grandit : les volumes se matérialisent sur le plan, et une cloison déplacée peut changer la zone d'une prise. Relier les plans, les circuits et les protections dans un même modèle garde ces repères cohérents.

GorkyCAD Pro réunit schémas, calculs et documentation à partir d'une seule description de l'installation : les protections différentielles et les affectations de circuits restent alignées avec le dossier PDF et les plans exportés du projet.

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Questions fréquentes

Qu'appelle-t-on volumes 0, 1 et 2 ?

Des zones concentriques définies autour de l'eau, du plus risqué (volume 0, immergé) vers le moins risqué. À chaque volume correspondent un degré de protection, une tension admissible et des choix de matériel précis.

Une prise est-elle interdite dans une salle de bain ?

Elle n'est pas admise dans les volumes 0 et 1 et reste très encadrée dans le volume 2. Dans le volume 3, elle est possible, à condition que le circuit soit protégé par un différentiel 30 mA.

Pourquoi une très basse tension près des bassins ?

La très basse tension de sécurité limite la tension à un niveau inoffensif. Utilisée pour l'éclairage immergé et certains points lumineux proches de l'eau, elle réduit le courant possible en cas de contact.

La liaison équipotentielle est-elle obligatoire ?

Oui dans ces locaux : elle relie les masses métalliques accessibles au même potentiel. Sans elle, une différence de tension pourrait subsister entre deux éléments touchés en même temps.

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