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Calculations 2026-10-14 · 6 min

Facteur de diversité et facteur de demande : comment les appliquer

Deux coefficients complémentaires pour traduire la simultanéité réelle des récepteurs et dimensionner l’arrivée, les protections et les sections.

Auteur : Équipe GorkyCAD

Deux coefficients, deux usages distincts

Quand on dimensionne une installation électrique, l’addition brute des puissances ne donne jamais le bon résultat. Les récepteurs ne fonctionnent pas tous en même temps, et ceux qui fonctionnent ne sollicitent pas leur puissance maximale en permanence. Pour traduire cette réalité, l’ingénierie s’appuie sur deux coefficients complémentaires : le facteur de diversité et le facteur de demande.

Le facteur de diversité compare la somme des puissances maximales individuelles des abonnés ou des départs à la pointe réellement appelée par l’ensemble qu’ils partagent. Le facteur de demande rapporte la puissance appelée à la puissance installée d’un même ensemble. Les deux ont la même forme mathématique, un rapport sans unité compris entre 0 et 1, mais ils ne répondent pas à la même question et ne s’appliquent pas au même niveau de l’installation.

Ce guide présente leur définition, la manière de les calculer et surtout comment les appliquer sans se tromper sur le dimensionnement du transformateur, de l’arrivée, des jeux de barres et des protections. Les deux coefficients se combinent souvent dans une même note de calcul, mais confondre l’un et l’autre fausse le résultat dès la première ligne.

Le facteur de diversité : additionner sans surestimer

Le facteur de diversité s’applique dès que plusieurs abonnés ou plusieurs départs partagent une source commune : immeuble de logements, galerie commerciale, atelier divisé en postes, lotissement desservi par un même poste de transformation. Il exprime la probabilité que les pointes individuelles coïncident dans le temps. Sa valeur est toujours inférieure ou égale à 1 et se calcule comme le rapport de la pointe simultanée de l’ensemble à la somme des pointes individuelles.

Un immeuble de dix logements dont chaque abonné appelle au plus 12 kVA ne présente presque jamais une pointe de 120 kVA. La simultanéité réelle est plus faible, et c’est exactement cette simultanéité que le coefficient traduit. Plus le nombre de départs indépendants augmente, plus le coefficient diminue, car la coïncidence de pointes indépendantes devient statistiquement rare. À l’inverse, sur deux abonnés seulement, la simultanéité reste élevée et le coefficient proche de 1.

Le facteur de diversité sert au dimensionnement de l’amont partagé : transformateur de poste, câble de colonne montante, disjoncteur d’arrivée, jeux de barres du tableau général. Il ne dispense jamais de vérifier chaque branche individuellement, car chaque branche reste dimensionnée sur la pointe de son propre abonné et sur sa propre longueur.

Le facteur de demande et la puissance appelée

Le facteur de demande concerne un seul ensemble : un logement, un atelier, un plateau de bureaux ou un bâtiment tertiaire. Il rapporte la puissance réellement appelée en pointe à la puissance totale installée de cet ensemble. Il traduit le fait qu’une installation ne sollicite jamais 100 % de ses récepteurs simultanément à pleine charge, ne serait-ce que parce que l’éclairage de secours ou les équipements de réserve restent la plupart du temps inactifs.

Il se combine avec les coefficients de foisonnement propres à chaque catégorie de récepteurs. L’éclairage, les prises d’usage général, la cuisson, la climatisation ou la force motrice ne coïncident pas de la même manière ni avec la même probabilité. La puissance appelée s’obtient en sommant, catégorie par catégorie, la puissance installée multipliée par son coefficient d’usage, puis en appliquant éventuellement un coefficient global d’ensemble.

Le résultat fixe ensuite l’intensité de calcul, puis le calibre des protections et la section des conducteurs. Un facteur de demande surestimé conduit à surdimensionner l’arrivée et les équipements, avec un surcoût inutile ; un facteur sous-estimé provoque des déclenchements, un échauffement des liaisons et une usure prématurée des appareils.

Valeurs indicatives et ordres de grandeur

Les valeurs exactes dépendent de la réglementation locale, de l’usage du bâtiment et du retour d’expérience de l’exploitant. À titre de repère professionnel, on rencontre souvent les fourchettes ci-dessous, à valider au cas par cas et à consigner explicitement dans la note de calcul.

Ensemble considéréCoefficient indicatif
Logement individuel0,6 – 0,8
Immeuble de logements, par abonné0,4 – 0,6
Bureaux tertiaires0,6 – 0,8
Atelier avec force motrice0,3 – 0,6
Éclairage extérieur0,9 – 1,0

Ces fourchettes ne remplacent pas un relevé de consommation réelle lorsqu’il est disponible. Sur une installation existante, enregistrer la pointe mesurée pendant plusieurs jours consécutifs donne un coefficient bien plus fiable que toute valeur générique reprise d’un ancien projet. La mesure tranche toujours le débat entre deux hypothèses de calcul.

Exemple chiffré : alimenter un immeuble de six logements

Six logements équipés chacun d’une puissance installée de 12 kVA représentent 72 kVA bruts. Aucun gestionnaire de réseau ni aucun bureau d’études ne dimensionne l’arrivée collective sur cette somme brute, qui correspondrait à une simultanéité totale et parfaite.

Avec un facteur de diversité global de 0,5, la pointe simultanée retenue est 72 × 0,5 = 36 kVA. C’est cette valeur qui dimensionne le câble de colonne montante et le disjoncteur d’arrivée ; elle se traduit en intensité par la formule I = P / (√3 × U × cos φ) en triphasé équilibré, avec U égal à 400 V entre phases.

À l’intérieur de chaque logement, on applique ensuite le facteur de demande propre au logement : 12 kVA installés avec un coefficient de 0,7 donnent 8,4 kVA appelés. Cette seconde valeur guide le calibre de l’abonné et la répartition des circuits, tandis que la première pilote la partie commune.

En augmentant le nombre d’abonnés, la pointe simultanée croît, mais beaucoup moins vite que la somme des puissances : c’est là tout l’intérêt de la démarche. Le gain est d’autant plus net que les profils de consommation sont variés, par exemple en mélangeant logements, commerces et services.

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

L’erreur la plus répandue consiste à appliquer un facteur de diversité à une seule installation, ou inversement un facteur de demande à un ensemble d’abonnés. Confondre les deux niveaux fausse le dimensionnement dès la première ligne du calcul et se propage ensuite à toutes les sections de câble.

Autre écueil classique : retenir un coefficient trop optimiste pour gagner sur la section de câble ou le calibre de l’arrivée. La marge pour extensions futures et la progression possible des usages doivent rester explicites et documentées dans la note de calcul, plutôt qu’invisibles dans un coefficient gonflé.

Enfin, chaque coefficient retenu mérite d’être justifié et daté. Documenter sa source permet de réviser le calcul quand l’usage change, de le défendre devant un maître d’ouvrage et de garder la cohérence entre l’étude, les schémas et le dossier final. Un outil qui relie les calculs, les schémas et la documentation évite les divergences entre l’étude et le chantier.

GorkyCAD Pro mène ces calculs directement dans le modèle de l’installation : les coefficients, les pointes, les jeux de barres et les protections découlent d’un seul projet, et les documents PDF ou DXF exportés reflètent le même état à tout moment.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre facteur de diversité et facteur de demande ?

Le facteur de diversité s’applique à un ensemble de plusieurs abonnés ou départs partageant une source ; le facteur de demande s’applique à un seul ensemble et compare la puissance appelée à sa puissance installée.

Ces coefficients peuvent-ils dépasser 1 ?

Non. Ils expriment une fraction de la somme des puissances maximales, toujours inférieure ou égale à la simultanéité totale. Une valeur supérieure à 1 signalerait une erreur de saisie ou de méthode.

Comment choisir la valeur à retenir pour un projet ?

Partez des fourchettes usuelles de votre secteur, puis affinez avec la nature des usages et, si possible, avec une mesure de la pointe réelle. Consignez le choix et sa justification dans la note de calcul.

Faut-il quand même vérifier chaque départ individuellement ?

Oui. Les coefficients ne servent qu’au dimensionnement de la partie amont partagée. Chaque branche reste dimensionnée sur sa propre pointe et sur sa propre chute de tension.

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